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July-August 2001  - 
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Ficelles médicales

Petit nécessaire de traduction agrémenté de quelques ficelles, astuces et autres tuyaux utiles en la matière, à l'usage des collègues désireux de faire dans la dentelle subtile de la simultanée médicale.

J'espère, avec cet article, que les petites ficelles de métier que je détaille ci-après pour faciliter votre tâche, voire l'embellir quand c'est possible, vous rendront service. Peut-être y a-t-il ici des indications qui semblent évidentes et connues de tous. J'en prends néanmoins le risque; quand bien même je ne rendrais service qu'à 20% des lecteurs de notre bulletin, cela en valait la peine. Vous constaterez que je ne me suis pas contenté de donner des équivalences de termes avec, parfois, des choix multiples, mais j'ai rappelé certains faits, peut-être nouveaux pour vous, en rapport avec les servitudes de l'interprétation médicale. Je signale des quasi synonymes à utiliser alternativement en fonction du débit de l'orateur interprété. Lorsque je parle de numération syllabique et que je les compare, il est évident qu'il s'agit des syllabes parlées, audibles, et non des syllabes écrites. J'avoue, par ailleurs bien humblement, que j'ai, pendant des années, commis des fautes de genre quand je travaillais vers le français, singeant les fautes de certains orateurs, jusqu'au jour béni où j'ai entendu des médecins francophones utiliser, en le confirmant, le genre correct. Pourquoi dès lors ne pas aider mes collègues dès à présent en leur évitant de perpétuer leurs erreurs? Du reste, il est certains mots que j'évitais soigneusement, croyant qu'ils constituaient des solutions de facilité donnant l'impression d'une interprétation "paresseuse", par trop décontractée ... J'avais tort ! Et j'ai appris que des médecins, tant anglophones que francophones, les utilisaient couramment, sans complexe aucun. Je vous les signale également. Voilà ! J'espère que les lignes qui suivent vous rendront service, ou vous amuseront, ou vous intrigueront, ou ... ou ... Enfin, de toute manière, carpe diem .....

ABORD : utilisable à la place de "voie d'abord" pour traduire "approach" en chirurgie; de grâce, évitez le calque "approche". Ce n'est pas une raison parce que les journalistes incultes à la télé ou à la radio l'utilisent tout le temps pour en faire autant.

ABUS SEXUELS : même observation à propos des journalistes francophones anglo-maniaques, dites plutôt "sévices sexuels".

ACHARNEMENT THERAPEUTIQUE : ici, c'est moi qui m'adresse à vous. Que préférez-vous? On m'a suggéré : "care beyond the pale" ou "relentless therapy" ou encore "ridiculous therapy" ... A propos de "pale", je vous signale qu' "un pâle" se traduit par "a stiff"; le français insiste sur la pâleur de la peau (du cadavre), tandis que l'anglais souligne la rigidité cadavérique. Oh, à propos, c'est de l'argot ...

ACCREDITATION : an "accredited hospital" est un hôpital homologué; an "accredited protocole" est un protocole agréé.

ACTIF : Achtung ! Faux ami dangereux ... An "active patient" n'est pas "un malade actif" - qui pourrait signifier "un malade nécessitant des soins actifs", et encore ... mais un malade "en cours de traitement".

ACTION (A LONGUE) : pour traduire "a long acting drug", vous pouvez, si l'orateur parle très vite, dire "médicament retard", cela prend deux syllabes à la place de cinq.

ADDICTION : c'est "l'assuétude" en français. Je ne suis pas certain qu'assuétude et accoutumance soient de parfaits synonymes. Accoutumance correspondrait plutôt à "habit making". Si addiction est précédé d'un substantif adjectivant (drug addiction), on peut, en français, faire suivre le substantif correspondant par le suffixe "manie".

ADHESION : je me suis, pendant des années, élevé contre l'emploi en français d'adhésion pour traduire "the adhesion", rappelant que "the adhesion", c'est "l'adhérence" et vice versa. Eh bien, des médecins français, des dentistes, m'ont détrompé, signalant que Le Larousse Universel parle de la "propriété de s'accoler à une autre substance" pour "l'adhésion". En conséquence, foin de scrupules inutiles, l'adhésion pour "the adhesion" ne choquera personne. Et surtout pas les plaquettes ou les cellules pour lesquelles "l'adhésion" est un passe-temps quotidien.

ADVERSE : ne surtout pas traduire the "adverse so and so" par "le ... adverse" qui signifie "défavorable". An "adverse effect" est un "effet indésirable". Je ne suis pas d'accord pour le traduire par "effet secondaire". Il y a une nuance entre "défavorable" et "secondaire" et entre "indésirable" et "secondaire".

AFFECTION : très élégant pour remplacer "maladie" ou "pathologie". Peut parfois traduire "a disorder".

ALLERGOLOGUE, ALLERGOLOGISTE : gynécologue, gynécologiste, ophtalmologue, ophtalmologiste. Contrairement à une croyance très répandue, allergologiste, gynécologiste, ophtalmologiste, etc., ce n'est pas du mauvais français. Et si, emporté par un excusable mimétisme verbal, vous traduisez "the allergologist" par "l'allergologiste", ne vous frappez pas, n'en faites pas une maladie. Toutefois, si l'orateur parle à la vitesse d'une mitrailleuse, dites "allergologue", vous gagnez une syllabe.

AMENABLE : c'est une expression fréquente et difficile. Ce qui se rapproche le plus de l'anglais "amenable" est "justiciable" ou "relevant de".

ANGINE DE POITRINE, ANGOR : bien entendu, ne jamais traduire une "angine" par "angina" qui, en anglais, est une abbréviation de "angina pectoris". Une "angine", c'est "a pharyngitis". Et, si vous traduisez vers le français, dites donc "angor". Deux syllabes au lieu de sept. A ce propos, il est amusant de constater que, pour une fois, l'anglais synthétique et bref qui se traduit par du français analytique et explicatif est une règle prise en défaut. On se souvient de "la disposition topographique" (dix syllabes) qui se traduit par "the lay-out" (deux syllabes). En médecine, c'est le contraire : "a patient with angina pectoris" (dix syllabes) se rend par "un angoreux" (trois syllabes). Particulièrement utile quand on a affaire à un orateur à débit mitrailleuse.

ANTECEDENTS : un mot élégant pour traduire "the case history".

ANTENATAL : correspond au début de la grossesse. "Prénatal" correspond aux derniers mois précédant l'accouchement. Des signes sont prénatals et non pas prénataux.

ANTHRAX : un "anthrax" en français est "a carbuncle", parfois "furunculosis" et non pas "an anthrax". An "anthrax" en anglais, c'est "le charbon". Et si l'orateur va vraiment très vite, dites donc : "a boil".

ANTIPLAQUETTAIRE : est utilisable à la place de "antiagrégant plaquettaire" quand on a affaire à un orateur mitrailleuse. En fait, c'est une tolérance car les deux expressions ne sont pas vraiment des synonymes.

APPARAÎTRE : à préférer à "se développer" pour traduire "to develop". "This syndrome developed lately" : "ce syndrome est apparu récemment".

APPARIES : traduit tantôt l'anglais "matched" (matched siblings, des fratries appar.), tantôt "paired" ("paired series" ou "paired tests" : des "épreuves appariées").

ARTHRITE RHUMATISMALE : c'est presque un calque de "rhumathoid arthritis". On dit aussi "polyarthrite rhumatoïde" ou encore "monoarthrite infectieuse". Tout cela est bien long et assez difficile à articuler, surtout, à nouveau, quand on doit traduire un orateur au débit ultra rapide. Je sais que certains rhumatologues français, et même l'OMS, affirment que la polyarthrite chronique évolutive, en abrégé la PCE, est une expression désuète, mais je continue, moi, à traduire par la PCE car cela a le mérite de la brièveté : j'ai transmis le message; les francophones de la salle ont compris ce dont il s'agit et j'ai évité un "blanc" si j'ai affaire à un orateur TGV.

ATTAQUE, ATTEINTE : surtout pas "attack" en anglais, mais "stroke". An "initial dose" est une "dose d'attaque". L'anglais "damage" est élégamment traduit par "atteinte".

BARRÉ (MAL) : pour mes amis qui ont un français "C" ou "B", je signale que des médecins francophones n'hésitent parfois pas à employer cette expression argotique. Moi, je la traduirais par "to feel run down", to "be under the weather". Qu'en pensent ces amis?

BETA BLOQUANT? BETA BLOQUEUR? : les deux sont utilisables et sont bien français; ne vous mettez donc pas martel en tête.

BILIAIRE, BILIEUX : la vésicule est "biliaire". Le teint de ce malade est "bilieux".

BOUFFEE, BLUSH : "a blushing" est une "bouffée de rougeur". Une "bouffée de chaleur" est "a hot flush"; et aussi, plus rarement, "a hot flash".

BRUCELLOSE : je vous ai déjà dit dans un article précédent qu'une expression en langage courant équivalente était "la fièvre de Malte". J'ajoute aujourd'hui qu'un autre synonyme est "la fièvre ondulente", qui se traduit, mais oui, croyez-moi, par : "the undulent fever", une fois n'est pas coutume !

THE BUMPS : pourquoi dois-je mentionner ce mot ? Parce qu'il m'est arrivé d'avoir à traduire, dans un congrès sur les maladies carcérales, le témoignage d'un malade, pensionnaire d'une prison, qui s'exprima, pour décrire ses maladies, en argot du début à la fin de son intervention. Alors, pour l'anecdote, je vous signale, au passage, que "the bumps", c'est "la chtouille".

BURN OUT : c'est le "syndrome d'épuisement professionnel" : 10 syllabes en français, deux en anglais. Dites donc "burn out" dans votre interprétation en français. Tous les spécialistes comprendront et l'on vous pardonnera cette faiblesse anglo-maniaque.

BY PASS : vous avez le choix entre divers termes. Les puristes vous diront qu'ils ne sont pas absolument synonymes. Mais, là encore, on vous pardonnera si vous êtes pressé par le temps. Il y a "anastomose", "pontage", "court-circuit" (mais oui !), "dérivation" et même "le bipasse". A ma vive surprise, j'ai appris que "court-circuit" pouvait fort bien s'employer en médecine aussi ..., surtout pour interpréter "shunt" (par ex. a jejuno-ileal shunt).

CADAVEREUX, CADAVERIQUE : ce malade avait une peau cadavéreuse. Le corps de la victime présentait déjà une rigidité cadavérique.

CALENDRIER : mot bien pratique pour traduire "schedule". Selon le contexte, on peut aussi dire "horaire", "programme", ... Les Québecois disent : "cédule", vieux mot français bien commode, d'où vient "schedule". Quand on est fatigué ou que l'orateur parle très vite, pourquoi pas "cédule"?

CANCERIGENE, CANCEROGENE : les deux se disent, ne vous cassez donc pas la tête.

CASUISTIQUE : c'est le mot français élégant qui traduit "clinical material".

CATAMNESE : synonyme élégant de "suivi" ("follow up"). Si le débit est rapide, dites "suivi"; s'il est lent, dites "catamnèse".

-CELE : désinence qui donne toujours le genre féminin au substantif ainsi complété. Par exemple : une varicocèle, une hydrocèle, etc.

CHIRURGIE (LOURDE, PETITE) : pour traduire "major surgery" et "minor surgery" respectivement.

CISPLATINE : malgré sa rime féminine est du masculin : le cisplatine.

CLAIRANCE : ce mot franglais traduisant l'anglais "clearance" gives me the creeps. On l'utilise, hélas, maintenant couramment en français. Des médecins m'ont expliqué que les mots français "épuration éliminatrice" qui traduisent approximativement "clearance", étaient interminables. Une explication qui est, malheureusement, bien satisfaisante pour nous interprètes ... A vrai dire, l'exacte équivalence serait: "coefficient d'épuration éliminatrice". Pire encore!

CLAPPING : dans 90% des contextes, on peut traduire par "claquade".

A CLINIC : another tricky twin. A ne surtout pas traduire par "clinique". C'est un dispensaire ou un Centre de Soin. Une clinique is a "private hospital".

CLUSTER : dans le doute, dites "agrégat"; parfois, c'est une grappe. Je l'ai entendu dans le sens "d'épidémie".

COLLECTION : traduire "a collection" par une "collection" est mauvais. Ce peut être une "collecte" (comme la collecte du sang) ou, mieux encore, un "recueil" ou un "prélèvement". Une collection, en français courant non spécialisé, est le rassemblement d'objets identiques; en français médical, ce peut être l'accumulation d'une substance dans une zone de l'organisme humain.

COMA DEPASSE : c'est l'équivalent de la "mort cérébrale".

COMPLIANCE : ah, le joli mot que voilà! D'abord, il signifie, par la faute de médecins francophones incultes, incapables de trouver un bon équivalent français, utilisé en français : l'élasticité (de la plèvre, du thorax, etc.). Quand il s'agit du respect, par le malade, du traitement qui lui a été prescrit, "the compliance" sera traduit par "l'observance". Voici une petite anecdote au passage. Savez-vous qu'à la suite de campagnes lancées par je ne sais quelles ligues, en anglais, on ne doit plus employer le mot "compliance" parce qu'il impliquait une idée d'assujettissement du malade à son médecin, mais le mot "concordance" à sa place ... Où le politiquement correct ne va-t-il pas se nicher?

CONSCIENCE : to lose conscience peut, bien sûr, se traduire par "perdre conscience", mais "perdre connaissance" est de tout même plus élégant. En outre, dans un contexte non médical, "perdre conscience" peut signifier "perdre son sens moral".

CONSERVATEUR, CONSERVATIVE : le "traitement conservateur" peut traduire "the conservative treatment" quand il permet de garder un organe du corps humain et de se passer d'une intervention. Mais, vous savez comme moi que "conservative" en anglais a d'autres acceptions. Il pourra parfois signifier un traitement "mesuré" ou "symptomatique". Tout dépendra du contexte.

CORONAIRE, CORONARIEN : le coronaire est un vaisseau en forme de couronne. Est "coronarien" ce qui se rapporte à l'artère coronaire. Attendu que "coronaire" est, au départ, un adjectif qualificatif (l'artère coronaire), on entend souvent en France "coronaire" à la place de "coronarien". L'usage l'a maintenant accepté. Tout comme "hypophyse" et "hypophysaire" ou "tricuspide" et "tricuspidien". La conclusion est qu'on utilisera l'un ou l'autre en fonction de la vitesse du débit de l'orateur interprété.

CORRELATED : autre mot français charabiesque "correlé" which gives me the creeps. Dites donc "rapporté à".

COUDE : si vous entendez un jour parler de "funny bone", sachez que c'est "the elbow". Et vous, mes amis qui avez un anglais "A", sachez que, si vous entendez parler du "petit juif", it is the "funny bone".

CRACHAT : c'est plus court quoique moins scientifique que "expectoration". Et surtout, n'hésitez pas à dire "crachat" quand la vitesse vous y oblige; deux syllabes au lieu de six, c'est rentable. D'autant plus que les médecins entre eux n'ont aucun scrupule à dire le mot "crachat". Et, si vous voulez en mettre plein la vue aux auditeurs (ha! ha!), traduisez donc "the sputum" par le "phlegme" ... Et le "crachat" par "the phlegm".

CROSS MATCH : le mot anglais est entré dans l'usage français et nul ne vous tiendra rigueur de dire "le cross match". Mais, si vous voulez faire dans la dentelle, dites "compatibilité croisée".

CROSS OVER, CROSSING OVER : même observation que pour le mot précédent. Si vous voulez faire dans la dentelle, sachez que l'équivalent français est "enjambement".

DAPSONE : il faut dire LA dapsone.

DEFICIT, DEFICIENCE : l'anglais "deficiency" se rend par "carence" ou "déficit". A l'extrême rigueur, si vous êtes fatigué ou sous pression, par "déficience". Quant à "l'insuffisance", elle rend "failure"; laquelle "failure" peut se traduire par "défaillance" si vous êtes fatigué !

TO DEVELOP : toujours en raison de journalistes ou de publicitaires francophones incultes ou anglo-maniaques - ou les deux à la fois - on entend des choses "se développer" ou des "développements" calqués tels quels sur l'anglais. En médecine, on ne développe pas une immunité, on "l'acquiert"; des syndromes ne se développent pas, ils "surviennent"; on ne développe pas un protocole, on le "conçoit", etc.

DOCUMENTE, DOCUMENTER : un protocole "documenté" est un protocole étayé par des documents; un praticien "documenté" est un praticien informé par des documents. A "documented" case, c'est un cas "avéré" ou "prouvé".

DAMAGE, DOMMAGE : éviter "dommage" pour traduire "damage", c'est relâché. Dites plutôt "atteinte" ou, si le contexte vous y autorise, "lésion".

DOULEUR : elle se définit de nombreuses façons, tant en anglais qu'en français; elle peut être atroce (excruciating), poignante (agonizing), constrictive (crushing), mobile (wandering), vive (sharp), fulgurante (shooting, fulminating), intense (severe), violente (lightning), persistante (nagging), en coup de poignard (stabbing), lancinante (throbbing), aiguë (acute ou piercing), mordante (piercing), térébrante (boring), etc ...

DRASTIC : on entend, en français "drastique" à tout bout de champ. Autre bel exemple de snobisme paresseux anglo-maniaque. Dites donc "draconien".

DROGUE : éviter de traduire "drug" par drogue, qui veut surtout dire en français un "narcotique". Pour la petite histoire, je vous signale toutefois qu'en langage scientifique français, la drogue est le principe actif d'un médicament et que Molière utilise couramment le mot drogue au sens de médicament.

DYSFUNCTION : quoi qu'en disent certains, "dysfonction" (en français) est un barbarisme; il faut dire "dysfonctionnement". Et si vous avez à traduire le français "dysfonctionnement" vers l'anglais, dites donc "impairment", c'est plus facile à prononcer et plus anglais courant.

EFFRACTIF : c'est l'un des mots français utilisables (en fonction du contexte), pour traduire "invasive"; on dira aussi "traumatique", "sanglant"; mais l'usage a consacré le mot "invasif" en français, alors pourquoi se chercher des complications fatigantes? Mais sûrement pas "envahissant", c'est une tumeur qui est envahissante, pas une technique chirurgicale ...

ELECTIF : en français, cela signifie "élu ou nommé par un suffrage"; ou bien "qui se rapporte à un choix"; mais certainement pas le sens de l'anglais "elective", qui se rend en français par "facultatif". En médecine, an "elective surgery", an "elective admission", c'est une "intervention ajournable" ou une "hospitalisation ajournable".

ELIGIBLE : l'anglais "eligible" se rend par "admissible" ou "justifiable de".

EMBOLE : on dit UN embole (an embolus); UNE embolie (embolism or emboly).

END POINT : c'est, en anglais, la référence sur laquelle on se fonde pour estimer le résultat obtenu, par exemple "in a clinical trial". Une traduction éventuelle pourrait être : "le repère d'efficacité" ou encore, "l'aboutissement" ou mieux "le critère d'aboutissement".

ETAT DE SANTE : plus élégant que "condition" pour traduire l'anglais "condition".

S'EVANOUIR : en français, à préférer à "se pâmer", qui risque de faire sourire. A ce propos, si "to swoon" signifie bien "se pâmer", il rend également en anglais médical "avoir une syncope". Et si des médecins se laissent aller à l'argot (bénin) et parlent de "tomber dans les pommes", to "keel over" ou to "black out" feront l'affaire.

EVIDENCE : tout le monde connaît la traduction de l'anglais "evidence", qui signifie "preuve". Dans le domaine médical, on peut aussi le rendre par "indice" ou "trace".

EVOLUTION NATURELLE : pour traduire "natural history". En français, l'histoire naturelle est une matière enseignée à l'école, synonyme de "sciences naturelles".

EXPERTISE : voici un autre exemple de snobisme anglo-maniaque chez les français, qui l'utilisent avec le même sens que "the expertise". "The expertise", c'est l'expérience acquise, la compétence. Tandis qu'une expertise au bon sens du français, is "an appraisal".

FAMILY DOCTOR : une expression anglaise familière, souvent synonyme de "general practitioner".

FAUSSE ROUTE : it is "food in trachea", when your food goes down the wrong way.

FLUTTER : le mot est entré dans l'usage français si souvent que vous pouvez l'utiliser sans hésitation. Les puristes préfèreront "tachycardie auriculaire" ou encore "fibrillation", mais "flutter" a DEUX syllabes, alors ...

FOYER : utilisable, parfois, de préférence à "site" pour rendre l'anglais "site", lequel "site" se rendra également par "siège" ou "point".

FREQUENCE : la fréquence a un sens plus large que "l'incidence", qui ne vaut que pour les cas nouveaux d'une épidémie (par exemple); quant à la "prévalence", elle s'applique à tous les cas dans une population donnée. On parlera de la "fréquence" des rechutes dans telle maladie, de "l'incidence" du paludisme dans une population exposée, de la "prévalence" de l'insuffisance hépatique chez tel groupe de malades caucasiens.

GAG (TO) : un synonyme de "to suffer from nausea". To gag : une syllabe; to have a nausea : six syllabes. A vous de voir et de faire votre choix ! Je précise tout de même que "to gag" est très familier, voire argotique. Un peu plus que "avoir des haut-le-c_ur".

GOITRE : j'attends avec une impatience gourmande une conférence internationale sur le goitre dont les langues seraient l'arabe, le français et le russe. Quand je vous aurai dit que "goitre" se dit "zob" en russe; lequel "zob" signifie "pénis" en arabe, et qu'en argot français, ce zob a le même sens qu'en arabe ... Gare au lapsus linguae, gare aux malencontreux glissements dyslexiques ...

GOLD STANDARD: dites plutôt "la règle d'or" que "l'étalon or", qui serait trop calqué sur l'expression idiomatique anglaise. En terminologie médicale, "the gold standard", c'est souvent "une thérapie indiscutée", "une technique de référence".

GRADE : éviter de traduire "the grade" par "le grade", utiliser plutôt "degré". Par exemple, en parlant du degré de gravité, de malignité. A distinguer du "stade" (en anglais, stage) dans l'évolution d'une maladie ou son extension. The "staging" se traduira par la "stadation" ou la "stadification" (selon une décision du Comité d'Etude des Termes médicaux français).

GRANULAR : l'anglais "granular" indique quelque chose qui présente des granulations ou qui en a l'aspect et se traduira par "granuleux". Ce qui est "granulaire" en français est une chose composée de petits grains.

GRAVEMENT, GRIEVEMENT : on est gravement malade; on est grièvement blessé. Evitons de calquer le français sur l'anglais "severe", a "severe" disease, c'est une maladie "grave". Une seule syllabe au lieu de deux, ce peut être utile. Par ailleurs, traduire "serious" par "sérieux" est parfaitement acceptable.

GREFFE : et "transplantation" sont synonymes et tous deux acceptables. Si votre orateur est très rapide, dites donc "greffe", une seule syllabe, parfaitement admissible et scientifique.

HISTORY : case history. Evitons "histoire du cas", calque trop servile de l'anglais, disons plutôt "observation médicale" ou, mieux : "l'amamnèse" (qui peut également traduire "the personal history"). Quant à "natural history", la traduction qui me semble la plus satisfaisante - nous l'avons déjà dit -, c'est "l'évolution naturelle de la maladie".

IMPERIOSITE MICTIONNELLE : la belle expression que voilà ! Ces dix syllabes traduisent les trois syllabes de "urgency" en urologie. A employer lorsque nous avons affaire à l'un de ces adorables orateurs scandinaves avec lesquels on a le temps de boire un verre d'eau entre le sujet et le verbe ou entre le verbe et le complément direct. Autrement, disons "besoin urgent", c'est moins scientifique, mais plus court ... et les auditeurs en congrès d'urologie se doutent bien qu'il ne s'agit pas d'un besoin d'argent.

INFUSION, PERFUSION : j'ai longtemps pensé qu'on devait toujours traduire "the infusion" par "la perfusion". Or, il n'en est rien. L'anglais, qui utilise "infusion" dans tous les cas, se traduit par "l'infusion" lorsque l'injection est assez rapide et ponctuelle, et par "perfusion" lorsqu'elle est lente et continue; donc, à vous de voir, en fonction du contexte.

INJECTION : "l'injection" peut parfaitement se traduire par "shot", qui n'est pas familier ou idiomatique, contrairement à ce qu'on pourrait croire, et qui a le mérite de ne compter qu'une syllabe.

INSTITUTION : an "institution", c'est un "établissement" (hospitalier, par exemple) et non pas une institution.

JETABLE : mot parfaitement admis pour traduire "disposable". Evitez donc "à usage unique" (trois syllabes de plus). L'exemple parfait du diction allemand : "Pourquoi faire simple quand il est tellement plus amusant de faire compliqué?".

JUGULER : mot élégant pour traduire "to control" (an infection, for instance). Evitez, dans toute la mesure du possible, de calquer le français "contrôler" sur "to control". Surtout en médecine, "contrôler" en français a presque toujours le sens de "vérifier". "To control" peut également se traduire par "réguler", voire par "combattre", par exemple : "tuberculosis control" : "la lutte contre la tuberculose".

JUMEAUX (VRAIS) : les "vrais" jumeaux sont des "identical twins".

LATINS (MOTS) : en dehors de "maximum", "minimum", qui deviennent "maxima" et "minima" au pluriel, pour tous les mots se terminant par -us (stimulus), vous pourrez, en français, dire des "stimulus"; personne ne vous en tiendra rigueur. Par contre, "stimuli", en anglais, sera préféré à "stimuluses", alors qu'en anglais, vous pourrez conserver "maximum" et "minimum", même au pluriel.

LETAL, LETALITE : traduisent "lethal" and "lethality". La létalité se rapporte à un groupe de malades étudiés. La mortalité se rapporte à toute la population.

LIGNE DE CONDUITE : une autre façon (raffinée) de traduire "the approach".

LOUCHER : utiliser "to squint" (une syllabe) plutôt que "to be cross-eyed" (quatre syllabes). To squint n'est ni familier, ni relâché. Cf mon observation à propos de "jetable".

MAIEUTICIEN : à utiliser plutôt que "sage-femme de sexe masculin", en raison de la numération syllabique. Et si, dans la salle, il y a des participants qui ignorent le sens de "maieuticien", that's just too bad !

MANAGEMENT : en médecine, se traduira presque toujours par "prise en charge". Ou, si le contexte vous l'assure, "le traitement".

MONITORAGE, MONITORING : si vous tenez absolument à employer un mot français calqué sur l'anglais, préférez "monitorage" à "monitoring"; ce dernier est parfois utilisé en radiologie. Vous savez comme moi que le mot français qui s'en rapproche le mieux est "surveillance".

NIVEAU : vous pouvez bien sûr l'employer pour traduire "level"; mais, dans certains cas, vous lui préfèrerez "teneur" : the plasma level, certains médecins anglais ou américains tendant à employer indifféremment "level" ou "content". Et, de grâce, évitez, en traduisant vers le français, le hideux "au niveau de" employé à la place de : quant à, pour ce qui concerne, dans, sur, à propos de, etc ... Comme disait ce garçon de restaurant à un groupe d'interprètes se plaignant de la médiocrité d'un plat : "Est-ce que cela vous déplaît au niveau de la sauce ou au niveau de la viande?".

NURSING : ce sera, selon le contexte, : les soins, ou bien l'activité professionnelle des infirmiers et infirmières, ou les techniques qu'ils utilisent dans l'exercice de leur métier.

ODDS RATIO : le Comité français d'Etude des Termes médicaux recommande "rapport des cotes", qui est toutefois discuté par certains médecins; on peut aussi envisager "rapport des probabilités" (qui n'est pas que médical), ou encore "ratio d'incidence". A vous de voir en fonction du contexte.

OEDEME, _SOPHAGE : se prononcent Edeme et Esophage.

OINTMENT : c'est une pommade, bien sûr, et si l'orateur parle très vite : une "crème" (une syllabe), terme moins scientifique. Et puis, si vous avez un "trou de mémoire", cela arrive avec les mots les plus simples, souvenez-vous que les assonances sont commodes, vous avez "onguent" ... Ointment ... Onguent. D'accord, le terme est précieux et désuet, mais c'est mieux qu'un blanc.

OPPORTUNISTE : il faut dire "opportuniste" et non pas "opportunistique" (calqué sur l'anglais), qui est un anglicisme barbare.

OVULE : on dit UN ovule.

PAPULAR : se rend en français par "papuleux" et non pas par "papulaire". De même, "pustular" se traduit par "pustuleux" et non pas "pustulaire", quoi qu'en disent certains médecins français. Ce n'est pas une raison parce qu'ils sont fautifs pour que nous en fassions autant.

PATCH : un "patch" en français est admis. On peut également dire un "timbre" (sur la peau). Le "patch test" peut être rendu tel quel ou par "test cutané".

PATIENT : pendant des décennies, nous avions traduit "the patient" par le "malade". Puis, le snobisme anglo-maniaque aidant, les médecins francophones se sont mis à tous employer "patient" en français. On le trouve maintenant dans tous les documents administratifs français. Peut-être, au départ, s'agissait-il de calquer l'anglais, mais le mot est couramment employé par Molière, alors pourquoi bouder et faire le difficile? Pour une fois que cela nous facilite la tâche ...

PATTERN : le mot magique, le joker de la lexicographie, le passe-partout de la sémantique. Il peut tout dire. Imprécis, employé à doses massives par les anglo-saxophones, il est le sauveur providentiel de l'interprète amnésique. Il peut signifier : patron, schéma, scheme, profil, modèle, aspect, tableau, tracé, en radiographie, en médecine clinique, en pharmacologie, en épidémiologie, en immunofluorescence, en électrocardiologie, en électroencéphalographie, que sais-je encore? Vous travaillez vers l'anglais; un mot surgit soudain, c'est le trou noir, est-ce la panique? Nullement. Employez le mot "pattern". Je vous assure que dans 90% des cas, votre phrase reste logique et intelligible et votre discours reste parfaitement cohérent à l'oreille de vos auditeurs. La traduction est vague? Je suis d'accord. Mais tout vaut mieux que le blanc ou la phrase inachevée.

PEMPHIGUS : prononcer "PANphigus".

PITUITAIRE : certes, "the pituitary" est "l'hypophyse". Mais si, une fois, le trou noir survient encore, dites "pituitaire"; le terme est bien précieux et désuet, mais il est parfaitement scientifique et admis.

PLAINTE : il est bien difficile de traduire "the complaint" par autre chose que "plainte". The patient's complaint is that ... La plainte du malade est que ... Cela est lourd et maladroit. En interprétant très largement et très souplement, dans d'autres contextes : l'affection (ou la pathologie), le symptôme, la manifestation. Il faudra sans doute recourir à une périphrase : "Le malade se plaint de ce que ...".

PLEONASME MEDICAL : même si l'orateur en fait usage, évitez-le, vous gagnez du temps, vous vous donnez le temps de souffler. C'est le cas de la cirrhose du foie ou du goitre de la thyroïde ...

POOL : évitez, surtout en médecine, de calquer sur l'anglais. "Pool" se dit, certes, en français, mais rarement ici. The "potassium pool" est le "capital potassique". Ce peut être "une communauté", en épidémiologie par exemple.

POUR : a drug for the treatment of a disease est un médicament DANS le traitement d'une maladie (si vous tenez vraiment à faire dans la dentelle).

PRIVATE ROOM : c'est une chambre (d'hôpital) à un lit.

PROCEDURE : autre anglicisme particulièrement envahissant. Procédure en français appartient au langage juridique. A remplacer avantageusement par technique, méthode, opération, etc ...

RANDOMISATION : c'est un anglicisme tellement entré dans l'usage français que vous pouvez l'utiliser sans hésitation. "Randomised", fidèlement traduit en français, se rendrait par "réparti aléatoirement" ... C'est tellement interminable que vous pouvez vous abstenir de faire dans la dentelle.

RECTO COLITE : la traduction fidèle de "ulterative colitis" serait "recto colite ulcéro-hémorragique"; ce qui, à nouveau, est interminable. Dites "recto colite ulcéreuse", qui est admissible. J'en profite pour rappeler que la désinence "- ative" en anglais correspond souvent à la désinence française "- eux (ou - euse)" ou "- ant (ou - ante)".

RECUPERER, TO RECUPERATE : "récupérer" après une maladie est assez familier. On "se rétablit" ou on "se remet" d'une maladie. On récupère après un "stress". "The recovery room" d'un hôpital est la "salle de réveil" (et non de récupération).

REANIMATION : en tant que substantif membre d'une phrase, "réanimation" est bien "resuscitation"; mais, le service "d'anesthésie-réanimation", c'est the "anesthesiology and intensive care unit" (the ICU).

REFERRED : a "referred pain" is "une douleur projetée", voire "irradiante". A patient "referred" to a physician, c'est un malade qu'on "adresse" à un confrère.

RAYNAUD (Maladie de) : white or dead fingers.

REVIEW (OF SYSTEMS) : la "revue des appareils" est possible. De même que la "revue des systèmes", quoique calqué sur l'anglais. Si, toutefois, vous souhaitez faire dans la dentelle, dites "bilan fonctionnel".

ROUTINE : en anglais, il signifie souvent "un usage habituel", sans aucune nuance péjorative. En anglais, placé devant le substantif qu'il qualifie, il se rend, en français, par "courant", "coutumier".

SCAN : c'est, pour être tout à fait fidèle et précis, "la tomodensitométrie", qui est interminable, à utiliser de préférence avec un orateur très lent. En français, les médecins francophones emploient "le scanner" pour désigner aussi bien l'appareil que le résultat de l'examen tomodensitométrique; dites donc "la scanographie"; c'est maintenant admis en français; vous ne serez jamais bien loin de la vérité et vous aurez transmis le message.

SECOND LOOK : c'est le re-examen (chirurgical).

SEVRAGE : traduit non seulement "weaning", mais aussi "withdrawal" (comme dans withdrawal syndrome) ou encore "wash out" (therapy wash out).

SIFFLEMENT : comme dans le cas d'une respiration sifflante. Il a son équivalent exact "wheezing". Lequel wheezing a un autre équivalent français précis : "le cornage", qui ne s'utilise, hélas, qu'en médecine vétérinaire. En québécois, on dit aussi "le silement" comme synonyme de "sifflement".

SITE : en dehors du domaine moléculaire, où l'on dit également un "site", le mot est mis en français à toutes les sauces. The "site" peut être le "siège", un "point", et surtout le "lieu", voire la "localisation".

LA SONDE, SONDER : peut, souvent, en français, traduire "the catheter" (une syllabe au lieu de trois); c'est toutefois plus vague. Moins vague cependant que "tube", également admis. Si l'on travaille vers l'anglais, dans le domaine médical, on évitera - à moins que le contexte l'autorise formellement - "a probe". Si l'on travaille vers le français, pour "to pass a tube", souvent employé par les orateurs anglophones, on dira "cathétériser", c'est tout de même plus élégant.

SPOTTING : des orateurs français disent "le spotting"; sachez, pour votre gouverne, que c'est une mini hémorragie.

STENT : on utilise "the stent" surtout en médecine dentaire, mais pas seulement. Je ne l'ai trouvé dans aucun dictionnaire; peut-être dans la dernière édition du Gladstone? La traduction proposée par le Comité d'Etudes des Termes médicaux français est "endoprothèse".

SUCCION : "the suction" ne se traduit par "succion" qu'en dehors de la médecine; dans le domaine médical, ce sera toujours "aspiration".

SUGGESTIVE OF : "suggestive of such or such a disease", "suggestive of a diagnosis of" se rendra, au mieux, par "évoquant", "allusif à ou de", "faisant penser à".

SUTURER : les orateurs anglophones emploient "to sew up" ou "to stitch" presqu'aussi souvent si ce n'est davantage que "to suture", à traduire par "suturer"; recoudre est à éviter.

SYSTEMIC : l'anglais "systemic" implique une généralisation, a systemic approach, une voie générale d'administration; sous cette influence, le français "systémique" sous-entend ce qui intéresse la globalité de l'organisme.

TABLET : un faux ami célèbre dans le langage médical. A "tablet" est un "comprimé". Une "tablette" (de chocolat) is a "bar". Une "tablette" (de médicament) is a "lozenge"; lequel "lozenge" traduit aussi la "pastille". Quant à la "gélule", it is a "capsule". Ca va? Vous me suivez?

TO BE TAKEN SHORT : si vous entendez un orateur anglophone dans une conférence de gastro-entérologie parler d'un patient "who was taken short", ne vous méprenez pas : cela signifie "qu'il avait la courante", encore que "to be taken short" soit moins argotique que "avoir la courante"; en tout cas, cela signifie que sa diarrhée était irrépressible.

TENSION ARTERIELLE : autre exemple de la brièveté du français pour rendre une expression anglaise : "a patient with a high blood pressure (neuf syllabes) : un "hypertendu" (quatre syllabes); si, par contre, vous travaillez vers l'anglais : "un hypertendu" peut se rendre par "a hypertensive patient", qui est du bon anglais; "relating to blood pressure" : "tensionnel" en français.

L'anglais utilise "hypertension", "hypotension", "hypertensive" certes, mais, de grâce, ne traduisez pas "tension artérielle" par "arterial tension", cela sent son gallicisme à dix lieues; "blood pressure" fera toujours l'affaire.

UN TEST : si vous voulez travailler dans la dentelle, traduisez "a test" par "épreuve", "examen" (de laboratoire), "analyse", en fonction du contexte; sachez tout de même que "test" est maintenant admis en français, et puis "test" prend UNE syllabe au lieu de trois, alors ...

TIRAGE AU SORT : se traduit, nous le savons tous, par "drawing of lots"; pourtant, il peut arriver - en fonction du contexte - que "randomisation" puisse se traduire par "tirage au sort".

TOURNEE : plutôt que de "tournées", parlant d'un médecin, on dira ses "visites". L'anglais sera "round", qui vaut aussi pour les "tournées" ou "rounds" du facteur. On dit aussi "a call".

TOUX : le français "avoir une mauvaise toux" (7 syllabes) se traduit par "to bark" (1 syllabe), qui n'est pas du tout argotique.

LA TREMBLOTE : vous entendez parfois cette expression dans la bouche de certains médecins francophones, malgré son caractère argotique, parce qu'elle est très imagée. Elle se traduit par "the shakes". Que la "tremblote" exprime la fièvre ou le delirium tremens, cela se traduira semblablement par "the shakes". Par contre, si vous travaillez de l'anglais vers le français, souvenez-vous que "the shakes" signifie aussi "la trouille".

VASCULARITE & VASCULITE sont synonymes, profitez donc de la numération syllabique; un autre synonyme est "angélite".

VERSUS : quelques orateurs francophones le répètent tel quel en français. C'est déconseillé. En terminologie sportive, cela signifie, vous le savez comme moi, "contre". Dans le domaine médical, la traduction qui me semble la plus appropriée serait "comparé à".

WITH : on trouve souvent en anglais "with" avant l'indication de la maladie dont souffre le patient. C'est l'occasion de profiter de la numération syllabique française avantageuse, comme nous l'avons rappelé à propos d'une autre entrée : a patient with a high blood pressure : un hypertendu; a patient with renal failure : un insuffisant rénal, etc ...

VOMISSEMENTS (SECS, NON PRODUCTIFS) : to get the dry heaves.

ZONE : s'emploie souvent en anglais médical, à rendre par "domaine" ... parfois. Se rend également par le même mot en français quand il s'agit d'une localisation physique. Par exemple : "the trigger zone", la zone déclenchant (la douleur), "la zone sensible".

J'espère que ces petits trucs de métier vous auront rendu service. Méfiez-vous des pièges du langage familier. Je dirai à des collègues avec un anglais "B" ou "C", qui seraient appelés à assurer, en raison d'une absolue et urgente nécessité, une interprétation vers l'anglais, de ne pas répéter l'erreur d'un malheureux collègue. Dans un congrès de vénérologie, traduisant les envolées lyriques d'un président de séance qui voulait rendre hommage à un orateur très talentueux, à l'issue de sa communication, il interpréta : "Et maintenant, mes amis, applaudissons-le bien fort" non pas par : "and now, friends, let's give him a big hand", mais par "and now, friends, let's give him the big clap". Ce qui jeta un froid ...




Message Board

  D.Fedrighini   
Date: 15 Aug 2001 02:11
Subject: Ficelles médicales

Que Dieu vous bénisse pour vos préciuses ficelles!
Merci et bonnes vacances!

Donatella Fedrighini

  Marie-Line Joalland
Date: 27 Feb 2003 10:18
Subject: Catamnese

Merci beaucoup !

  gomez
Date: 2 Aug 2003 21:55
Subject: amamnèse

définition qui manque à l'appel
bravo pour l'article

  Kindel   
Date: 14 Apr 2004 14:45
Subject: Ficelles Medicales

Bravo pour le bon travail.

  Ludovic
Date: 27 Dec 2004 11:45
Subject: précision

beau travail je pense mais je préciserais une chose :

on parle bien de "l'histoire naturelle" d'une maladie

  Kevin Ward
Date: 30 Jun 2005 20:19
Subject: Comment on Website

So far, the only Website I have ever felt I wanted to comment on. Extremely helpful, well-laid out, useful, authoritative descriptions/translations, explained in a tone that didn't make me feel like a naughty schoolboy. I hope the owner has the time to continue to expand it. I will be coming back. Congratulations, keep up the good work.

  Marc Burlereaux   
Date: 15 Jul 2005 08:04
Subject: pharyngitis

Super le dico et drôle. Par contre angine est semble-t-il un cas complexe : ou mon ami anglais n'en a jamais eu, ou les anglais n'y sont pas sujets, ou ..., mais pharyngitis n'a pas eu l'air de l'interpeler ...
Marc
www.burlereaux.net



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